Communiqué de presse

Santé au travail: L’épuisement émotionnel augmente, le niveau de stress élevé reste constant – Résultats de Job Stress Index 2022

Berne, le 23 août 2022. Le niveau de stress reste élevé dans la population active en Suisse. Comme déjà en 2020, les contraintes et les possibilités d’y remédier sur le lieu de travail s’équilibrent en moyenne. Le taux de personnes actives se sentant émotionnellement épuisées dépasse pour la première fois les 30%. Aux conditions de travail s’ajoutent des contraintes spécifiques à la pandémie, qui contribuent à cette hausse. La perte de productivité qui en découle coûte cher aux entreprises.
23.08.2022, 15:31

Un niveau de stress élevé, mais stable

Le Job Stress Index, qui mesure le rapport moyen entre les contraintes professionnelles et les moyens d’y remédier (ressources) de la population active en Suisse et donne ainsi une «moyenne du stress» en Suisse, est en légère amélioration. Le niveau de stress est stable depuis 2018, bien que sensiblement plus élevé qu’en 2014 et 2016. 

Ces résultats proviennent du sondage de 3022 personnes actives, âgées entre 16 et 65 ans. Elles ont été interrogées dans le cadre du monitorage effectué régulièrement par Promotion Santé Suisse, en collaboration avec l’Université de Berne1 et la ZHAW2, depuis 2014. Outre le Job Stress Index, ce monitorage explore les corrélations entre stress, santé et productivité.

Comme dans l’enquête précédente de 2020 (29.6 %), près d’une personne active sur 3 (28.2 %) présente un Job Stress Index dans la zone critique. Ces personnes témoignent de sensiblement plus de contraintes que de ressources. Elles souffrent, par exemple, d’une plus forte pression temporelle ou vivent plus de conflits au travail et disposent d’une moindre marge de manœuvre ou reçoivent globalement moins de reconnaissance pour leur travail. 

En plus des contraintes et ressources au travail déjà incluses dans le Job Stress Index, de nouvelles contraintes sont nées de la pandémie de Covid-19: la crainte, pour soi-même ou les proches, de tomber gravement malade du coronavirus, l’isolement social perçu ou l’usage accru d’outils d’information et de communication au travail. Ces contraintes spécifiques à la pandémie ne transparaissent pas dans le Job Stress Index, mais présentent une corrélation avec la santé des personnes actives, notamment l’épuisement émotionnel.

L’épuisement émotionnel augmente

Un déséquilibre entre contraintes et ressources persistant sur le long terme peut se répercuter sur la santé. L’épuisement émotionnel en est un indicateur. En 2022, le taux de personnes actives se sentant émotionnellement épuisées dépasse pour la première fois depuis 2014 la barre des 30 %. 

Des coûts économiques élevés

Le stress peut mener à une baisse de productivité chez les personnes actives, soit parce qu’elles sont absentes pour maladie (absentéisme) ou parce qu’elles sont présentes sans être pleinement performantes (présentéisme). Cela engendre une perte de productivité équivalente à 14.9 % du temps de travail en moyenne. 

Si l’on parvenait, à l’aide de mesures ciblées de Gestion de la Santé en Entreprise (GSE), à atteindre au moins l’équilibre entre contraintes et ressources pour l’ensemble de la population active en Suisse, l’économie suisse profiterait d’un potentiel économique de près de CHF 6.5 milliards (2020: CHF 7.6 milliards). CHF 1.5 milliards pourraient être atteints par la réduction de l’absentéisme et CHF 5 milliards par la réduction du présentéisme. 

Une GSE systématique en tant que solution

Pour l’instant, contraintes et ressources sont en équilibre. Les mesures mises en place et les efforts consentis par de nombreuses entreprises et leurs employé-e-s, semblent avoir contribué à une bonne gestion de la pandémie. Le niveau de stress élevé, ainsi que l’augmentation constante du taux d’épuisement émotionnel dans la population active, doivent cependant être considérés comme des signaux d’alerte. Thomas Mattig, Directeur de Promotion Santé Suisse, insiste: «Il est d’autant plus important de minimiser le plus possible les contraintes sur le lieu de travail et de renforcer les ressources.»

Pour ce faire, Thomas Mattig conseille aux entreprises d’analyser, dans un premier temps, les contraintes et ressources rencontrées par les membres du personnel, par exemple avec la Job-Stress-Analysis, afin d’en déduire et de mettre en œuvre des mesures ciblées. Une gestion systématique de la santé en entreprise permet de protéger et de renforcer la santé du personnel, particulièrement en temps de crise. Thomas Mattig en est convaincu: «Les collaboratrices et collaborateurs sont le bien le plus précieux d’une entreprise, encore davantage en temps de pénurie de personnel. Il faut en prendre soin.»

Les dernières avancées dans la manière dont les entreprises peuvent promouvoir et maintenir la santé de leur personnel seront présentées et discutées lors du 18ème congrès international de gestion de la santé en entreprise (www.congres-gse.ch), le 31 août 2022. D'autres conseils sur la manière de renforcer la santé mentale, mis sur le devant de la scène dans le contexte sanitaire lié à la pandémie, sont disponibles dans la campagne santépsy.ch.

Informations complémentaires

Pour plus d’informations sur le Job Stress Index: www.job-stress-index.ch.

Les résultats détaillés de l’impact de la pandémie de Covid-19 sur les conditions de travail, la santé et la productivité des personnes actives en Suisse, basés sur une étude longitudinale en trois temps (2020, 2021 et 2022), seront publiés fin 2022.  

Pour de plus amples informations ou en cas de questions, le service de presse de Promotion Santé Suisse se tient à votre disposition par e-mail medias(at)promotionsante.ch.

Promotion Santé Suisse

Promotion Santé Suisse est une Fondation soutenue par les cantons et les assureurs-maladie. En vertu de son mandat légal (art. 19 de la loi sur l’assurance-maladie), elle initie, coordonne et évalue des mesures destinées à promouvoir la santé et à prévenir les maladies. La Fondation est soumise au contrôle de la Confédération. Son organe de décision suprême est le Conseil de fondation. Deux bureaux, l’un à Berne et l’autre à Lausanne, en forment le secrétariat. Actuellement, chaque personne verse, en Suisse, une contribution mensuelle de 40 centimes en faveur de Promotion Santé Suisse. Ce montant est encaissé par les assureurs-maladie pour le compte de la Fondation.

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1 Lic.phil. Sibylle Galliker, Dr. Ivana Igic, Prof. Dr. Achim Elfering, Prof. em. Dr. Norbert Semmer

2 Dr. Beatrice Brunner, Dr. Christoph Thommen